Chronique | Hockey Québec en crise à cause du « tournoi de la discorde »
Que se passe-t-il à Hockey Québec? Ce qui semblait au départ être une annonce positive - la naissance d’un nouveau tournoi international à Laval - est en train de tourner en crise de confiance au sein de la fédération. Sur fond d’allégations de conflit d’intérêts et de violation des règles établies, de nombreux membres de HQ se disent estomaqués par les décisions prises par les dirigeants provinciaux. Lundi dernier, j’écrivais dans cette chronique que les élus et la communauté du hockey mineur de Granby étaient furieux depuis l’annonce de la création du Ce nouvel événement, mis sur pied par des intérêts privés, sera présenté à Laval du 12 au 22 février 2026. Et il se déroulera en même temps que le Tournoi international pee-wee de Québec. Les fondateurs du tournoi de Laval se sont inspirés du renommé tournoi de Québec et semblent vouloir faire vivre le même genre d’expérience aux joueurs de la catégorie d’âge supérieure (M15). Les gens de Granby, dont le Tournoi international bantam (le plus gros de la province) existe depuis 55 ans, ont été surpris et choqués d’apprendre que Hockey Québec avait accepté de sanctionner un nouveau tournoi international qui sera tenu en même temps que le leur. Et surtout, ils n’en reviennent pas de n’avoir jamais été mis au courant de l’existence de ce projet, par leur propre fédération, avant qu’il soit annoncé dans les médias. François Lemay, un conseiller municipal de Granby qui est aussi très impliqué bénévolement dans le sport mineur de sa région, s’est notamment dit En entrevue à Radio-Canada lundi dernier, le directeur général de HQ, Stéphane Auger, avait expliqué que le nouveau tournoi de Laval serait présenté à plus de 100 kilomètres de celui de Granby et que les règles de la fédération avaient été respectées. Et d’un même souffle, il avait ajouté qu’il avait priorisé les discussions avec les dirigeants de Hockey Laval, puisque le nouveau Or, le président de Hockey Laval, Michel Leblanc, conteste la version de M. Auger. Il affirme que le nouveau tournoi international a littéralement été imposé à son organisme. Et c’est ici que commence le nœud de la crise qui secoue présentement le hockey mineur québécois. Et cette tache d’huile semble se répandre rapidement. Depuis trois ans et demi, le conseil d’administration et la direction de Hockey Québec ont fait de l’amélioration des pratiques de gouvernance leur principal cheval de bataille. L’ex-directeur général Jocelyn Thibault soutenait qu’il était impossible de faire progresser le hockey québécois sans assainir la gouvernance des régions et des associations de hockey mineur. Depuis ce temps, Hockey Québec travaille avec les régions et les associations pour que les processus de nomination des conseils d’administration soient revus et que la composition des C.A. soit diversifiée. L’assainissement des pratiques de gouvernance et le changement de culture passent aussi par une règle cardinale que l’on répète sans cesse à tout le monde : Il faut dépolitiser les opérations hockey au Québec! C’est la plus grande priorité. Personne ne doit porter deux chapeaux. Ceux qui sont mandatés pour faire des opérations hockey doivent faire les opérations. Et ceux qui font de l’administration doivent se concentrer sur l’administration. Et voilà qu’à l’insu de ses membres, le conseil d’administration de Hockey Québec entérine la création et la reconnaissance d’un tournoi privé alors que le propre directeur général de HQ siégeait au conseil dudit tournoi! Et tout cela, alors que le règlement 9.1.1 de Hockey Québec, intitulé Seul Hockey Québec peut octroyer des tournois associatifs sur son territoire avec l'autorisation du Conseil d'administration/direction générale de la région concernée ou dans le cas d’un tournoi scolaire avec l’autorisation du RSEQ. Or, Hockey Laval n’a toujours pas donné son accord à la présentation de ce tournoi international sur son territoire, et ce, même si tout a déjà été ficelé en coulisses à la fédération. Pire encore, la Ville de Laval et ses élus ont eux-mêmes participé à la mise sur pied du tournoi international privé sans en parler à l’organisme chargé d’organiser le hockey mineur sur leur territoire! Durant notre entrevue, M. Leblanc a répété à plusieurs reprises qu’il ne veut pas partir en guerre contre la fédération. Il a aussi souligné avoir eu des entretiens très cordiaux avec les principaux organisateurs du nouveau tournoi, Martin Lavallée (commissaire adjoint de la LHJMQ) et Frédéric Chabot. Mais en même temps, il estime que son organisation n’a d’autre choix que de mettre son pied à terre. Selon Michel Leblanc, la tenue du nouveau tournoi à Laval cause plusieurs problèmes majeurs à ses membres. Notamment en monopolisant des centaines d’heures de glace alors que son organisation en manque déjà, au point d’être obligée d’en acheter sur le marché. Par ailleurs, l’arrivée du nouveau tournoi international de Laval contrevient à deux autres règlements de Hockey Québec, qui stipulent que les tournois s’adressant à un même groupe d’âge et qui sont organisés dans un rayon de 100 kilomètres l’un de l’autre doivent être séparés par une fenêtre de trois semaines. Il est toutefois possible pour des associations souhaitant organiser des tournois de même catégorie de conclure des ententes entre elles. Cette règle vise à éviter que les tournois, qui servent à financer les activités des associations, se cannibalisent entre eux. Or, l’Association de hockey mineur de Laval Nord présente un tournoi M15 chaque année au début du mois de février, dans la même ville que le futur tournoi international. Et de l’autre côté de la rivière des Mille Îles, l’Association de hockey mineur de Saint-Eustache organise depuis près de 50 ans un tournoi provincial M15 d’envergure durant le même mois. Sans oublier que LeGardeur et Montréal-Est organisent aussi des tournois M15. En début de saison, M. Cloutier dit avoir assisté à une présentation de HQ qui dressait un portrait inquiétant de la santé des tournois de hockey mineur au Québec. Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet du maire de Saint-Eustache disait réfléchir à l’émission d’un communiqué pour marquer son désaccord avec la démarche de Hockey Québec. À Laval, Michel Leblanc a demandé une rencontre avec le maire Stéphane Boyer. Il veut comprendre pourquoi Hockey Laval se retrouve à devoir débattre avec l’administration municipale pour défendre les intérêts des 2800 hockeyeurs de la ville, alors que les organisateurs du futur tournoi ne sont pas Lavallois. Comme à Granby, les gens du hockey mineur de Laval se disent qu’un tournoi international de grande envergure a sans doute sa raison d’être et qu’il pourrait avoir un impact positif pour le hockey. Mais ils n’en reviennent tout simplement pas de la manière dont le projet a été ficelé à leur insu alors que ce sont eux, les membres, que la fédération est censée représenter. Tournoi international M15 du Grand Montréal
.écœuré par le mépris total de 55 ans de bénévolat
qui ont été faits par les gens de sa communauté pour faire vivre le Tournoi international de Granby. Tournoi international M15 du Grand Montréal
sera disputé sur leur territoire. Je vais vous confirmer que Stéphane Auger ne nous a jamais parlé du tournoi. C'est nous qui l'avons approché pour lui demander s’il était au courant de (l’existence de ce projet). Et c’est là qu’il a répondu : "Justement, je voulais vous en parler." Ça s’est passé comme ça, alors qu'il (M. Auger) faisait déjà partie du (conseil d’administration du tournoi de Laval) depuis deux mois
, affirme Michel Leblanc. Octroi d’un tournoi
stipule clairement :Quand la Ville de Laval nous a appris que ce tournoi allait avoir lieu, on en a parlé avec nos confrères de Hockey Québec. C’est là qu’on a su que c'était déjà entériné par le conseil d'administration de Hockey Québec. J'essaie de peser mes mots, là. On est déçus de la façon dont Hockey Québec a géré le dossier. Ça a été fait de façon très maladroite
, déplore Michel Leblanc.C'est sûr que ça serait facile de dire que ce n’est pas grave et qu’on n’en parlera pas. Mais si nous n’étions pas capables de défendre nos membres, pourquoi serions-nous là?
, questionne-t-il. On amasse des fonds depuis 48 ans pour les enfants. On essaie de maintenir les coûts d’inscriptions le plus bas possible pour donner des services à des enfants. On le fait en suivant les règles de Hockey Québec. Puis là, on se vire de bord et c’est Hockey Québec qui passe par-dessus ses propres règlements. C’est décourageant. Ça nous scie les jambes
, déplore le président du Tournoi M15 de Saint-Eustache, Sylvain Cloutier.On nous a expliqué que plus de 20% des tournois avaient cessé leurs opérations en raison du manque d’équipes et que le pourcentage d’inscriptions dans les tournois existants variait entre 70 % et 85 % de leur capacité maximale. On nous a aussi mentionné qu’on ne pouvait pas accueillir d’équipes féminines dans nos compétitions parce que les tournois féminins ont eux-mêmes de la difficulté à survivre. Mais trois mois plus tard, on nous annonce l’arrivée d’un mégatournoi à Laval dans lequel on prévoit une programmation féminine
, raconte-t-il. C'est très ordinaire ce qui s’est produit. Au grand minimum, les gens ont droit à des excuses de Hockey Québec. Ils doivent reconnaître qu’ils l’ont échappé et essayer de voir, maintenant, comment ils peuvent travailler avec les régions
, conclut Michel Leblanc, qui déplore la division qui règne à l’heure actuelle.
Advertising by Adpathway









